Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une salle de bain ?
Entre un rafraîchissement et une réfection complète d’une salle de bain de 5 à 8 m², l’écart tient à un seul point : touche-t-on aux réseaux et à l’étanchéité, ou seulement à ce qui se voit ? Reprendre les alimentations, les évacuations, l’étanchéité sous carrelage et la ventilation représente environ la moitié du budget, et c’est la moitié invisible. C’est pourquoi un devis de salle de bain ne se compare jamais à un autre sans lire ce qu’il contient.
L’état de l’existant pèse ensuite lourd. Une salle de bain des années 1970 cumule souvent une baignoire encastrée dans un coffre maçonné à démolir, un sol carrelé sur plusieurs épaisseurs successives, des alimentations en acier galvanisé corrodées et une évacuation en fonte. La dépose seule peut représenter deux jours et une tonne de gravats. À l’inverse, une pièce plus récente se met à nu en une demi-journée.
Le choix de la douche est le deuxième arbitrage budgétaire. « Douche à l’italienne » recouvre en réalité deux ouvrages très différents : un receveur extra-plat posé sur la chape existante, ou un receveur maçonné avec caniveau, qui suppose de creuser la dalle et de reprendre l’étanchéité en amont. En appartement, la hauteur disponible sous chape décide, et elle se mesure — elle ne se suppose pas.
Pourquoi l’étanchéité sous carrelage est-elle le point non négociable ?
Le carrelage n’est pas étanche, et ses joints le sont encore moins. Ce qui protège le plancher, c’est la couche appliquée dessous. On distingue deux familles : les systèmes d’étanchéité liquide, couverts par des avis techniques, conçus pour les zones à ruissellement permanent comme une douche à l’italienne ; et les systèmes de protection à l’eau sous carrelage, nattes ou résines décrites par les cahiers du CSTB, adaptés aux sols et aux murs simplement exposés aux projections.
Aucun texte ne rend ces systèmes obligatoires dans une salle de bain privative de logement individuel, et c’est précisément pour cette raison que tant de chantiers les omettent. Ils constituent pourtant les règles de l’art que votre assureur et le nôtre appliqueront en cas de sinistre. Une salle de bain posée sans protection à l’eau est une salle de bain dont la couverture décennale devient discutable — et l’infiltration chez le voisin du dessous se manifeste rarement la première année.
Trois détails d’exécution comptent autant que le produit lui-même. Les angles et les traversées de canalisation reçoivent des bandes et des manchettes de renfort, sans quoi la couche fissure là où elle travaille. Les plaques de plâtre en zone de douche doivent être hydrofuges, même sous protection à l’eau. Enfin, le joint périphérique, entre le sol et les murs, reste souple : rempli au mortier, il transmet les mouvements du support et le carrelage se décolle.
Quelles erreurs coûtent le plus cher dans une salle d’eau ?
Négliger la ventilation. Une salle de bain sans extraction efficace produit de la condensation, qui décolle la peinture du plafond, noircit les joints et finit par attaquer la plaque de plâtre. L’arrêté du 24 mars 1982 fixe des débits minimaux d’extraction en pièce d’eau, et une bouche hygroréglable encrassée depuis dix ans n’assure plus rien. Le remplacement de la bouche, voire du groupe, fait partie du lot : c’est quelques dizaines d’euros face à un plafond à refaire.
Ignorer les volumes électriques. La NF C 15-100 définit autour de la baignoire et de la douche des volumes où le matériel autorisé est restreint en indice de protection et en classe. Un interrupteur mal placé, une prise trop proche du lavabo ou un luminaire non adapté au volume constituent des défauts que le diagnostic électrique relèvera à la revente, et un vrai risque au quotidien. L’ensemble des circuits de la pièce est protégé par un dispositif différentiel 30 mA, et une liaison équipotentielle relie les éléments conducteurs.
Poser un receveur extra-plat sans vérifier la hauteur d’évacuation. Un receveur de 3 cm demande une bonde adaptée et une pente jusqu’à la colonne. Découvrir en cours de pose qu’il manque deux centimètres oblige soit à surélever la douche d’une marche, soit à repartir sur une chape liquide : les deux se décident avant la dépose, pas après.
Combien de temps dure le chantier, et peut-on rester chez soi ?
Comptez deux à trois semaines pour une salle de bain complète. Un à deux jours de dépose et d’évacuation, deux à trois jours de plomberie, d’électricité et de ventilation, une journée pour l’étanchéité avec son temps de séchage, trois à cinq jours de carrelage et de faïence avec un temps de prise avant jointoiement, puis deux jours d’équipements et de finitions. Les délais de séchage ne se compriment pas : une colle sollicitée trop tôt se voit deux ans plus tard.
Rester dans le logement est possible dès lors qu’il existe une seconde pièce d’eau ou des WC séparés. Nous coupons l’eau uniquement sur des créneaux annoncés à l’avance, généralement une demi-journée, et nous posons des robinets d’arrêt par point d’eau précisément pour éviter les coupures générales ensuite. Sans seconde salle d’eau, la question se pose franchement : deux à trois semaines sans douche ne s’improvisent pas.
La protection compte particulièrement ici, parce que la démolition d’une salle de bain est l’opération la plus salissante d’un logement. Couloir bâché et protégé jusqu’à la porte d’entrée, sas fermé, gravats descendus en sacs et non en vrac, aspiration à la source lors des découpes. Nous laissons la pièce fermée chaque soir, et le reste du logement utilisable.