Qu’est-ce qui fait varier le prix d’une cloison au m² ?
Entre une cloison courante sur rails et une cloison acoustique renforcée, l’écart peut approcher le double au mètre carré. Il ne vient pas de la plaque, qui coûte quelques euros, mais de la composition complète : largeur des montants, nature et épaisseur de l’isolant en âme, simple ou double parement, présence de bandes résilientes en périphérie, type de plaque.
Le deuxième facteur est le nombre de singularités. Un mur droit de dix mètres se monte vite ; le même linéaire découpé par une porte, une trappe de visite, deux niches, un angle rentrant et un retour sur poteau demande deux fois plus de temps de traçage, de découpe et de renfort. Chaque ouverture suppose un renfort d’huisserie correctement fixé, faute de quoi la cloison vibre à chaque claquement de porte.
Reste l’état du support existant. Un doublage sur un mur ancien irrégulier se rattrape avec des appuis réglables et non par collage direct : le collage exige un support plan et sain, ce que présente rarement une maçonnerie de meulière ou de brique ancienne. C’est la raison pour laquelle un doublage sur ossature coûte davantage qu’un doublage collé : il ne s’agit pas du même ouvrage, et le second n’est pas toujours possible.
Une cloison en plaque de plâtre isole-t-elle vraiment du bruit ?
Oui, à condition d’en comprendre le fonctionnement. L’affaiblissement acoustique ne vient pas de la masse de la plaque mais du système masse-ressort-masse : deux parements séparés par une lame d’air remplie d’un isolant fibreux. Une cloison alvéolaire, faite de deux plaques collées sur un carton en nid d’abeilles, ne dispose d’aucun ressort et plafonne très bas. Une cloison classique de type 72/48, montants de 48 mm et laine minérale en âme, atteint environ 40 dB d’affaiblissement, ce qui suffit pour séparer deux chambres.
Pour une chambre donnant sur un séjour, ou dès qu’un téléviseur ou une machine à laver se trouve de l’autre côté, il faut monter d’un cran : double peau, plaques haute densité dédiées à l’acoustique, montants plus larges, éventuellement deux ossatures indépendantes. On approche alors 50 dB, ce qui change la perception de la parole d’une pièce à l’autre.
Trois erreurs annulent tout le bénéfice, quelle que soit la composition retenue. La première est l’omission des bandes résilientes en périphérie : sans elles, l’ossature transmet directement les vibrations au sol, aux murs et au plafond, et l’on perd plusieurs décibels. La deuxième est le percement en vis-à-vis : deux boîtiers électriques dos à dos dans la même travée créent un passage direct pour le son, il faut les décaler d’au moins une travée. La troisième est la cloison qui s’arrête au faux plafond au lieu de monter jusqu’à la dalle : le bruit passe simplement par-dessus.
Quelle plaque pour quelle pièce ?
Toutes les plaques ne se valent pas, et la couleur du carton n’est pas une décoration. La plaque standard convient aux pièces sèches. La plaque hydrofuge, teintée en vert, s’impose dans les pièces d’eau, et systématiquement dans le volume d’une douche, y compris lorsqu’une protection à l’eau sous carrelage est prévue par-dessus. La plaque haute dureté résiste aux chocs dans un couloir ou une chambre d’enfant. La plaque coupe-feu, teintée en rose, se pose sur les gaines techniques et les séparations exigeant un degré de résistance au feu. La plaque acoustique, plus dense, se réserve aux cloisons séparatives.
La finition, enfin, se prépare ici et pas ailleurs. Les joints se traitent en trois passes avec bande, enduit et ponçage, chaque passe séchant complètement. Un enduit poncé trop tôt ou trop chargé laisse des bandes visibles en lumière rasante que la peinture soulignera au lieu de les masquer. Nous livrons un support prêt à peindre, contrôlé à la lampe, parce que le peintre qui passe derrière ne rattrape pas une plâtrerie approximative — il la révèle.
Combien de temps, et à quoi s’attendre pendant les travaux ?
Sur un appartement, une redistribution complète — dépose des anciennes cloisons, montage des nouvelles, doublages et faux plafonds — demande une à deux semaines, hors séchage des enduits. Le traçage se fait au laser et se valide avec vous au sol avant le premier montant : c’est le moment où l’on découvre qu’une chambre de 9 m² sur plan n’en fera que 8,4 m² une fois les doublages posés, et c’est le bon moment pour en discuter.
La phase la plus salissante n’est pas le montage mais le ponçage des joints, qui produit une poussière très fine et volatile. Nous ponçons à la girafe raccordée à un aspirateur, et nous isolons la zone par un sas ; c’est la différence entre un logement à nettoyer et un logement à décontaminer.